Bossuet Bosquet, 67 ans, cultivait la terre à Mirebalais pour subvenir à ses besoins et à ceux de son fils. Aujourd’hui, après avoir fui les violences armées à deux reprises, il vit dans un camp de personnes déplacées à Lascahobas. Privé de son activité agricole et de ses revenus, il rencontre également des difficultés pour assurer le suivi médical de son hypertension artérielle.
Veuf depuis plus de dix ans, Bossuet vivait avec son fils unique, Bovet, aujourd’hui âgé de 24 ans. Leur vie a basculé lorsque les violences armées les ont contraints à abandonner leur domicile et leurs activités. Ils ont d’abord trouvé refuge à Sarazin, avant qu’une nouvelle attaque ne les oblige à partir pour Lascahobas.
« Nous avons dû laisser Mirebalais à cause de l’insécurité. Nous sommes partis chercher refuge à Sarazin, mais nous n’y avons pas trouvé la tranquillité espérée. Après une autre attaque, nous avons été obligés de partir une nouvelle fois pour venir à Lascahobas.»
Bossuet Bosquet
Depuis leur arrivée, les conditions de vie sont difficiles. Bossuet ne peut plus cultiver la terre et dépend principalement des revenus de son fils, qui vend de l’eau dans les rues pour répondre à leurs besoins quotidiens.
Cette précarité complique aussi son accès aux soins. Souffrant d’hypertension artérielle, Bossuet a besoin d’un suivi médical régulier, mais ses ressources limitées rendent les consultations difficiles.
Le 29 octobre 2026, Bossuet a pu bénéficier d’une consultation médicale grâce à une clinique mobile organisée par Zanmi Lasante à proximité de son lieu de refuge.
« Avec les difficultés que nous rencontrons actuellement, ce n’est pas toujours facile de trouver les moyens de se rendre dans un établissement de santé. Lorsque nous avons appris que des professionnels de santé venaient jusqu’à nous, cela nous a fait beaucoup de bien. J’ai pu consulter et recevoir des soins sans avoir à parcourir une longue distance », témoigne-t-il.
Cette clinique mobile a permis à 157 personnes déplacées et membres des communautés hôtes de bénéficier de consultations médicales et de médicaments selon leurs besoins.
Une deuxième équipe est intervenue le même jour à Dos Palais, dans la commune de Belladère, où 174 personnes ont reçu des services de santé.
Au total, 331 personnes ont bénéficié de ces deux interventions, réalisées grâce à la mobilisation des agents de santé communautaire polyvalents (ASCP), des infirmières, des médecins et des pharmaciens de Zanmi Lasante.
Les équipes ont assuré la mobilisation communautaire, les consultations et la distribution de médicaments selon les besoins des patients. Pour les personnes âgées et celles vivant avec des maladies chroniques, ces services de proximité permettent de réduire les obstacles liés aux déplacements et aux difficultés financières.
Ces interventions font partie du projet de soutien vital en santé, nutrition et protection en faveur des personnes déplacées et des communautés hôtes dans les départements du Centre et de l’Artibonite, avec le soutien d’OCHA.
Le projet vise à améliorer l’accès aux services essentiels pour 62 000 personnes durant sa période de mise en œuvre.
L’expérience de Bossuet montre les conséquences des déplacements forcés sur la santé des personnes vivant avec des maladies chroniques. Après avoir perdu son domicile et son activité agricole, il doit désormais composer avec des ressources limitées tout en essayant de prendre soin de sa santé.
La consultation dont il a bénéficié répond à un besoin immédiat, même si la continuité de son suivi médical reste essentielle.