Zanmi Lasante réunit les acteurs du Centre pour renforcer la protection des personnes vulnérables

24 représentants d’institutions publiques, d’organisations internationales, de la société civile et de structures communautaires ont travaillé sur la sauvegarde, la PESAH et la lutte contre les violences basées sur le genre.

12 juin 2026

Zanmi Lasante a réuni 24 représentants d’institutions publiques, d’organisations internationales, d’organisations de la société civile et de structures communautaires le 4 juin 2026 au Centre National de Formation de l’Hôpital Sainte-Thérèse de Hinche. La rencontre visait à renforcer la protection des femmes, des enfants et des autres personnes vulnérables dans le département du Centre.

Une personne exposée à une violence, à un abus, à une exploitation ou à une situation de harcèlement doit pouvoir signaler ce qu’elle vit, être orientée vers le bon service et recevoir un accompagnement sans être exposée à davantage de risques. Les institutions qui reçoivent ces signalements ont besoin de procédures claires, de personnel formé, de circuits de référencement fonctionnels et de liens solides avec les autres acteurs du territoire.

PESAH

Le Bureau de Sauvegarde de Zanmi Lasante a organisé cette rencontre pour permettre aux acteurs présents de partager leurs expériences, d’identifier les services disponibles dans le Centre, d’évaluer les mécanismes de plaintes existants et de travailler sur des priorités communes.

Des représentants des institutions publiques, des structures de protection, des organisations communautaires et des partenaires impliqués dans l’accompagnement des personnes vulnérables ont pris part aux échanges. Leur présence a permis d’aborder la protection à partir des réalités rencontrées dans les services, les communautés, les écoles, les familles, les structures de soins et les dispositifs d’urgence.

Me. Kénel Mede, responsable de Sauvegarde et Équité de Zanmi Lasante, a présenté les principales composantes du programme de sauvegarde de l’organisation. Les échanges ont permis de revenir sur les mécanismes mis en place pour prévenir les abus, protéger les personnes concernées, traiter les plaintes et renforcer une culture de responsabilité au sein des services.

Kenel PESAH

À Zanmi Lasante, la sauvegarde concerne la manière dont les services sont organisés, la manière dont les équipes interagissent avec les patients et les communautés, et la manière dont les plaintes sont reçues, analysées et orientées. Elle exige une attention constante aux risques que peuvent rencontrer les personnes vulnérables dans les structures de soins, les programmes communautaires et les interventions menées sur le terrain.

Zanmi Lasante a partagé plusieurs avancées réalisées ces dernières années, dont le développement d’outils de sensibilisation adaptés aux réalités communautaires, la mise en place d’un mécanisme de gestion des plaintes et la formation d’environ 2 000 employés sur les principes de sauvegarde et de prévention de l’exploitation, des abus et du harcèlement sexuels.

Les discussions ont montré l’importance du réseau autour des personnes concernées. Les participants ont présenté les services disponibles pour les enfants victimes de maltraitance, d’abandon ou d’exploitation, les personnes survivantes de violences, les femmes ayant besoin d’un accompagnement psychosocial ou d’un hébergement temporaire, ainsi que les cas nécessitant une orientation judiciaire, sociale ou médicale.

Ces contributions ont permis de mieux comprendre les points d’entrée existants, les limites des services disponibles et les difficultés rencontrées par les institutions dans leur travail quotidien.

Les participants ont identifié plusieurs défis qui freinent l’accès à la protection : la sous-déclaration des cas, la peur des représailles, la stigmatisation, les limites des systèmes de référencement, le manque de ressources humaines et financières, l’insécurité et les difficultés d’accès à certains services spécialisés. Ces obstacles peuvent retarder l’accès aux soins, décourager le signalement, fragiliser le suivi des cas et empêcher une prise en charge rapide.

PESAH

L’activité interactive « Le Thermomètre de la Sauvegarde » a permis aux institutions présentes d’évaluer leurs mécanismes de plaintes. Les participants ont été invités à se positionner selon l’existence, l’accessibilité et l’efficacité de ces mécanismes dans leurs organisations. L’exercice a confirmé que plusieurs institutions disposent déjà de dispositifs de signalement. Il a aussi montré que ces dispositifs doivent être mieux connus des communautés, plus accessibles et plus efficaces pour les personnes qui en ont besoin.

La cartographie des acteurs a ensuite permis d’identifier les services disponibles dans le Centre, les expertises présentes sur le territoire et les mécanismes de collaboration déjà existants. Une personne qui signale une violence ou un abus doit pouvoir être orientée rapidement vers les bons interlocuteurs, sans être perdue dans un système fragmenté.

La journée s’est conclue par un plan d’action commun. Les recommandations incluent la redynamisation de la table sectorielle VBG/Protection, la création d’un réseau départemental Sauvegarde/PESAH/VBG, l’organisation de formations spécialisées sur la sauvegarde, le renforcement des mécanismes de référencement et le plaidoyer pour l’adoption d’un certificat médical standardisé pour les survivantes de violences basées sur le genre.

PESAH

Ces recommandations répondent à des besoins concrets : clarifier les responsabilités, faciliter les orientations, améliorer la qualité des réponses, renforcer les compétences des institutions et réduire les obstacles rencontrés par les personnes vulnérables lorsqu’elles cherchent de l’aide.

La rencontre du 4 juin a permis de réunir des institutions qui interviennent à différents niveaux du système de protection dans le Centre. Elle leur a donné un espace pour identifier les problèmes, partager leurs pratiques et définir des actions communes.

Les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les patients, les participants aux programmes et les communautés doivent pouvoir accéder à des services qui les protègent et les orientent avec sérieux. Zanmi Lasante continuera à travailler avec les acteurs concernés pour renforcer ces mécanismes et appuyer des réponses plus coordonnées, plus accessibles et plus sûres.


Protéger les personnes vulnérables demande des services capables de prévenir les abus, recevoir les plaintes, orienter les survivantes et survivants, et de coordonner les réponses entre institutions. Ce travail exige du temps, de la formation, des mécanismes clairs et une présence continue auprès des communautés. Votre soutien aide Zanmi Lasante à renforcer des systèmes de soins et de protection pour les personnes qui vivent dans des contextes difficiles.