Une clinique mobile rejoint des familles déplacées qui ne peuvent plus accéder à un centre de santé.

À Croix-Fer, une clinique mobile de Zanmi Lasante apporte des soins essentiels à des familles qui ont tout quitté pour fuir la violence.

22 juillet 2026

 

Lorsque les violences armées ont éclaté à Mirebalais le 31 mars 2025, Angella Florvil n’a pas eu le temps de réfléchir. Comme tant d’autres, elle a quitté sa maison pour sauver sa vie. À 54 ans, cette mère de trois enfants et grand-mère de trois petits-enfants pensait pourtant avoir déjà trouvé un endroit où reconstruire son quotidien. Originaire de Port-au-Prince, elle s’était installée à Mirebalais il y a plus de cinq ans afin d’échapper à l’insécurité qui touchait son quartier. Mais la violence l’a rattrapée.

Son mari est décédé durant cette période de crise. Sa maison a été incendiée. Elle a d’abord trouvé refuge à Lascahobas avant d’être contrainte de fuir une nouvelle fois lorsque l’insécurité s’est propagée. Aujourd’hui, elle vit avec sa famille dans un abri aménagé à l’École Nationale de Croix-Fer, dans la commune de Belladère.

Avant ces événements, Angella gagnait sa vie grâce à un petit commerce. Désormais, elle ne dispose plus de revenus réguliers et dépend largement de la solidarité pour subvenir aux besoins de sa famille.

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Son histoire ressemble à celle de nombreuses personnes installées dans cet abri temporaire.Toutes ont laissé derrière elles une partie de leur vie. Beaucoup vivent aujourd’hui dans des conditions précaires, avec un accès limité à l’eau potable, à l’alimentation, aux installations sanitaires et aux soins de santé. Pour certaines familles, consulter un médecin est devenu presque impossible, faute de moyens financiers ou de possibilité de se déplacer.

Cette semaine, les soins sont venus jusqu’à elles. Grâce à une clinique mobile organisée par Zanmi Lasante avec le soutien du Fonds Humanitaire OCHA, les équipes médicales ont installé leurs services directement au sein de l’abri. Médecins, infirmières et autres professionnels de santé ont assuré des consultations, distribué des médicaments essentiels, offert des conseils nutritionnels et proposé un accompagnement psychosocial adapté aux besoins des familles.

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Au total, plus de 170 personnes ont reçu des soins, parmi lesquelles des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées et des patients vivant avec des maladies chroniques.

Angella faisait partie des patients:

« Lorsque j’ai appris qu’il y aurait cette clinique mobile, j’étais très heureuse. Depuis tous ces problèmes liés à l’insécurité, je suis tombée et mon genou me fait souffrir constamment. J’avais vraiment besoin d’une consultation médicale, mais je n’avais pas les moyens d’aller à l’hôpital. Aujourd’hui, j’ai pu consulter un médecin, recevoir des médicaments et des conseils. Je suis très contente. »

Son témoignage illustre une réalité qui touche aujourd’hui un nombre croissant de familles en Haïti. Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus d’un million de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays au début de l’année 2025 en raison de la violence armée, soit plus de trois fois le nombre enregistré en 2023. Beaucoup ont dû fuir à plusieurs reprises, abandonnant leur maison, leurs moyens de subsistance et parfois des proches.

Pour répondre à ces besoins grandissants, Zanmi Lasante met en œuvre, avec le soutien du Fonds Humanitaire OCHA, un projet de douze mois dans les départements du Centre et de l’Artibonite. L’objectif est d’améliorer l’accès aux soins de santé, aux services de nutrition et de protection pour les personnes déplacées ainsi que pour les communautés hôtes.

Le projet prévoit d’offrir des soins de santé primaires à plus de 15 000 personnes vulnérables, de dépister et traiter 2 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë et de proposer un accompagnement psychosocial ainsi que des services de protection à au moins 3 000 femmes et enfants exposés à des risques accrus.

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Deux mois seulement après son lancement, plusieurs cliniques mobiles ont déjà été organisées dans les communes les plus touchées par les déplacements de population. À Croix-Fer, les consultations se sont terminées en fin de journée. Les équipes ont rangé leur matériel avant de reprendre la route vers d’autres communautés.

Pour les familles rencontrées ce jour-là, les difficultés ne disparaissent pas pour autant. Mais elles repartent avec des médicaments, des conseils, un suivi lorsque cela est nécessaire et, surtout, la certitude de ne pas être oubliées.


Dans de nombreuses communautés touchées par les déplacements forcés, les cliniques mobiles représentent parfois le seul accès aux soins. Votre soutien permet à Zanmi Lasante de poursuivre ces interventions et d’apporter des services de santé essentiels là où les besoins sont les plus urgents.