La capacité du système de santé haïtien à assurer des soins chirurgicaux repose largement sur la formation des médecins. Le pays fait face à une pénurie persistante de spécialistes, à une mobilité élevée des professionnels de santé et à des contraintes matérielles qui limitent l’accès aux soins. Dans ce contexte, la formation clinique sur site constitue l’un des leviers les plus concrets pour maintenir des services hospitaliers fonctionnels dans la durée.
Le service de chirurgie de l’hôpital Sainte-Thérèse de Hinche contribue directement à cet effort. Il accueille des internes, des externes et des résidents qui se forment dans un environnement hospitalier actif, confronté à une forte demande de soins. Les consultations, les décisions thérapeutiques et l’organisation du travail quotidien deviennent des situations d’apprentissage à part entière, sous supervision médicale.
La coordination de ce dispositif repose sur une organisation capable d’assurer simultanément les soins et l’encadrement. Depuis avril 2025, cette responsabilité est assurée par Marline Fleury, cheffe de service a.i. de chirurgie. Issue du programme de résidence hospitalière de Zanmi Lasante entre 2019 et 2024, elle connaît les exigences cliniques et pédagogiques liées à ce modèle de formation.
Son rôle consiste à organiser le travail du service, à superviser les médecins en formation lors des consultations et des activités chirurgicales, et à coordonner l’action des équipes médicales, du nursing, du bloc opératoire, des personnels de soutien, ainsi que de la direction médicale et administrative. Cette organisation vise à maintenir des pratiques cohérentes et à limiter les ruptures dans la prise en charge des patients.
« Former des médecins sur le terrain permet d’assurer la continuité des soins. Quand les internes et les résidents sont encadrés dans la pratique quotidienne, les patients bénéficient de décisions plus sûres et d’une prise en charge plus cohérente. »
Le service évolue dans un environnement marqué par une augmentation du nombre de patients, des transitions régulières au sein des équipes et un contexte socio-politique instable. Dans ces conditions, la formation médicale permet de renforcer l’autonomie progressive des jeunes médecins et de sécuriser les pratiques cliniques, en particulier dans les situations de forte pression.
L’encadrement repose sur des mécanismes concrets: revue des dossiers cliniques, supervision directe lors des consultations et des actes, échanges réguliers entre médecins seniors et médecins en formation, et clarification des responsabilités selon le niveau d’expérience. Ces éléments permettent de maintenir des standards communs malgré les contraintes structurelles.
À travers le fonctionnement quotidien du service de chirurgie, la formation médicale apparaît comme une condition de maintien des soins. Elle soutient la stabilité des équipes, renforce les compétences cliniques et contribue à garantir l’accès à des interventions chirurgicales essentielles pour la population.
Former des médecins dans des hôpitaux haïtiens actifs permet de maintenir des services chirurgicaux fonctionnels malgré des contraintes structurelles persistantes. L’encadrement des internes et des résidents, la supervision clinique et l’organisation des services exigent des ressources humaines, matérielles et pédagogiques continues.