Le travail autour des projets financés par le FAES avec l’appui de la BID et exécutés par Zanmi Lasante repose avant tout sur une question concrète : comment permettre à des familles déjà fragilisées par la pauvreté, la maladie ou l’isolement de continuer à accéder aux soins malgré la crise actuelle du pays ?
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Chaque jour, des patients arrivent à l’Hôpital Sainte-Thérèse après plusieurs heures de trajet, parfois sans argent pour payer le transport ou acheter de quoi manger après une consultation. Beaucoup vivent dans des zones rurales éloignées où l’accès aux services de santé reste limité. Pour ces familles, recevoir un diagnostic ou une ordonnance ne suffit pas toujours. Il faut aussi pouvoir revenir au rendez-vous suivant, nourrir les enfants, maintenir un traitement ou simplement traverser une période difficile sans basculer davantage dans la précarité.
C’est dans cette logique que s’inscrit la troisième cohorte du projet HA-J0005. Dans les dix communes couvertes par Zanmi Lasante, 5 416 personnes sont ciblées dans le cadre de cette cohorte. Le site de Hinche prend en charge 800 bénéficiaires. Chaque jour, plus de 80 personnes reçoivent des services comprenant consultation médicale, accompagnement social, kit alimentaire et assistance financière prévue par le programme.
Au-delà des chiffres, le projet repose sur un important travail de terrain. Agents de terrain, enquêteurs communautaires, travailleurs sociaux, équipes médicales et membres du Noyau Éducatif Communautaire collaborent pour identifier les ménages les plus vulnérables et assurer leur suivi. Cette coordination permet de maintenir un lien entre les communautés rurales et les structures de soins, même dans des contextes difficiles.
Dre Dronette Greuze B.J., officier technique aux projets FAES-BID, fait partie des personnes qui assurent cette coordination au quotidien. Elle supervise les médecins des consultations externes, accompagne les équipes et veille à la qualité de la prise en charge sur le site de Hinche. Son travail consiste aussi à s’assurer que les bénéficiaires puissent réellement accéder aux services prévus et poursuivre leur suivi médical.
« Beaucoup de familles arrivent avec plusieurs difficultés en même temps. Certaines personnes ont besoin de soins, mais aussi d’un soutien pour pouvoir continuer leur traitement ou répondre à des besoins urgents à la maison. Le projet aide à maintenir ce lien avec les soins », explique-t-elle.
Le parcours d’Odina illustre cette réalité. Âgée de 56 ans, mère de six enfants, elle assume presque seule les responsabilités du foyer depuis que son mari a perdu la vue il y a plus de trois ans.
Comme beaucoup de familles vivant dans des zones rurales, Odina devait gérer à la fois les dépenses alimentaires, les besoins de santé et les charges quotidiennes avec très peu de ressources. Les enquêteurs communautaires l’ont identifiée lors des activités de ciblage réalisées dans sa zone. Après évaluation, elle a été retenue comme bénéficiaire de la troisième cohorte du projet HA-J0005.
Elle a reçu une consultation médicale à l’hôpital Sainte-Thérèse de Hinche et intégré le dispositif d’accompagnement prévu par le programme.
« Franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas eu accès à des soins. Quand j’ai appris que j’étais retenue dans le projet, j’ai ressenti une grande joie », raconte-t-elle.
En plus de la consultation, Odina bénéficie d’un kit alimentaire et d’un transfert monétaire destiné à soutenir son ménage pendant cette période difficile. Elle espère utiliser cette aide pour répondre aux besoins immédiats de ses enfants et développer une petite activité génératrice de revenus.
« Avec cette aide, je pourrai mieux m’occuper de mes enfants. Je veux aussi lancer un petit commerce pour commencer à gagner ma vie ».
À travers ce programme, Zanmi Lasante poursuit un travail de proximité auprès de familles confrontées à des vulnérabilités multiples. Les besoins restent cependant importants, particulièrement dans les zones rurales où l’accès aux soins demeure fragile et où de nombreuses familles continuent de vivre sans soutien régulier.
Le financement du FAES avec l’appui de la BID permet aujourd’hui à des milliers de personnes d’accéder à des soins et à un accompagnement essentiel. Mais les défis humanitaires et sanitaires persistent. Soutenir ce type d’initiative, c’est permettre à davantage de familles comme celle d’Odina de recevoir des soins, de maintenir leur dignité et de construire des solutions durables face à la précarité.